… j’aimerais
parfois pouvoir pleurer contre quelqu’un qui supporterait le poids de mes
larmes …
jeudi 24 avril 2014
mercredi 23 avril 2014
Emily BRONTË, Les Hauts de Hurle-Vent
" Je lui ai donné mon cœur, il l'a pris, l'a brisé et me l'a rejeté mort "
mardi 22 avril 2014
Virginia WOOLF, Mrs Dalloway
" Ne crains plus, dit le cœur. Ne crains plus, dit le cœur, confiant son fardeau à quelque océan, qui soupire, prenant à son compte tous les chagrins du monde, et qui reprend son élan, rassemble, laisse retomber. Et seul le cœur écoute l'abeille qui passe; la vague qui se brise; le chien qui aboie, au loin, qui aboie, aboie. "
lundi 21 avril 2014
Michael ZADOORIAN, Le Cherche-Bonheur
"
On passe sa vie à se préoccuper de l'opinion des autres, alors qu'en
réalité ils ne pensent pas. Les rares fois où ça leur arrive, je
l'admets, c'est souvent en mal, mais on peut au moins se réjouir qu'ils
soient capables de penser. "
dimanche 20 avril 2014
Marcel PROUST, Le Côté de Guermantes, extrait
« Quelle différence entre posséder une
femme sur laquelle notre corps seul s'applique parce qu'elle n'est qu'un
morceau de chair, et posséder la jeune fille qu'on apercevait sur la
plage avec ses amies, certains jours, sans même savoir pourquoi ces
jours-là plutôt que tels autres, ce qui faisait qu'on tremblait de ne
pas la revoir. La vie vous avait complaisamment révélé tout au long le
roman de cette petite fille, vous avait prêté pour la voir un instrument
d'optique, puis un autre, et ajouté au désir charnel l'accompagnement,
qui le centuple et le diversifie, de ces désirs plus spirituels et moins
assouvissables, qui ne sortent pas de leur torpeur et le laisse aller
seul quand il ne prétend qu'à la saisie d'un morceau de chair, mais qui,
pour la possession de toute une région de souvenirs d'où ils se
sentaient nostalgiquement exilés, s'élèvent en tempête à côté de lui, le
grossissent, ne peuvent le suivre jusqu'à l'accomplissement, jusqu'à
l'assimilation, impossible sous la forme où elle est souhaitée, d'une
réalité immatérielle, mais attendent ce désir à mi-chemin, et au moment
du souvenir, du retour, lui font à nouveau escorte ; baiser, au lieu
des joues de la première venue, si fraîches soient-elles, mais anonymes,
sans secret, sans prestige, celles auxquelles j'avais si longtemps
rêvé, serait connaître le goût, la saveur, d'une couleur bien souvent
regardée. On a vu une femme, simple image dans le décor de la vie, comme
Albertine profilée sur la mer, et puis cette image, on peut la
détacher, la mettre près de soi, et voir peu à peu son volume, ses
couleurs, comme si on l'avait fait passer derrière les verres d'un
stéréoscope. C'est pour cela que les femmes un peu difficiles, qu'on ne
possède pas tout de suite, dont on ne sait même pas tout de suite qu'on
pourra jamais les posséder, sont les seules intéressantes. Car les
connaître, les approcher, les conquérir, c'est faire varier de forme, de
grandeur, de relief l'image humaine, c'est une leçon de relativisme
dans l'appréciation d'un corps, d'une femme, belle à réapercevoir quand
elle a repris sa minceur de silhouette dans le décor de la vie. Les
femmes qu'on connaît d'abord chez l'entremetteuse n'intéressent pas,
parce qu'elles restent invariables. »
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