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jeudi 9 décembre 2010

Abrutissement

J’ai l’impression que le temps m’échappe, que les jours s’allongent sans fin…  que la mort n’est qu’une idée abstraite… que le courant emporte tout et me laisse de côté… que mes suggestions se perdent… que mon travail est lourd… et mes lectures trop longues… je n’y vois pas le bout… j’y vois qu’un lent abrutissement… une collision d’atomes… et des pertes de sang inutiles.
J’y vois des auteurs inconnus et des coups de foudre anonymes, des paroles lancées au hasard qui ricochent sur mes paupières, un subtil abandon, l’inintéressement…  l’ignorance… le courant  m’a laissé… trop lourde de regards sur le monde…
Je me sens parfois malade.
Malade de continuer à apprendre, à espérer, que des lectures agissent comme des anesthésiants.
J’ai mal à imaginer l’enfant entre ses bras, qui délaisseront mon cœur.
La solitude et les hormones ne me valent rien. J’ai des rêves plein la tête et des peines plein le cœur.
J’aurais aimé être Ariane dans Belle du Seigneur, j’aurais aimé monologuer sur tout et rien, m’acheter un chien que j’aurais vu de derrière une vitrine, faire naître les jalousies pour guérir la mienne. Et réussir à vivre.
En avouant que mon existence n’aura servit à rien.

dimanche 7 novembre 2010

Le salut de la Renonciation


Il est tant de choses que j’aimerais ne jamais avoir connu.
Tant de choses.

Les bouquins n’y changent rien,
Toujours cette boule dans le ventre.

Je me demande s’il ne vaudrait pas mieux
Tout refaire.

J’aimerais les dévorer un à un,
M’alimenter de leur savoir
Faire un choix parmi l’une de leurs théories
Pour réussir à vivre
Avec toutes ces choses que j’aurais aimé ne jamais avoir connu.

Je ne connais pas la confiance, elle a été abattue.
Celle en l’autre bien plus que la mienne.

Où vais-je ?
Dans ce monde qui m’abrège à coup de solitude.
Et d’incompréhension, de non acceptation.

J’ai conscience de changer.
Au fil du temps et des lectures.
Du travail sur soi.
Mais ce qui se faufile sur le chemin est une longue ligne noire et incolore.
Seule.

Je ne me suis pas encore accomplie que ce chemin me rend réticente à poursuivre.
Alors quoi ? Fermer tous ces livres ?
Quitter l’Amour ?
Plaire à mon seul miroir ?

Pendant que d’autres jamais ne se posent ces questions.
Je crois avoir peur des conséquences  de ce travail sur mes idées. Et donc mes actes.
Parce que si aucune d’elle ne me convainc, ne trouve les mots justes pour me faire accepter les réalités, alors…
Alors… je poursuivrai mon chemin.
N’y étant pas parvenue.
Dans quel état ?
Combien de temps pourrais-je tenir encore ?

Rebelote.
Inutile de dire que tout cela m’accable.
Inutile de dire que cela m’angoisse.
Inutile de dire que pour dormir ce soir je pense aux substances qui m’y aideront.
Inutile.

Quand y parviendrais-je ?
Y parviendrais-je un jour seulement ?
Pour me sauver, moi et puis nous.
Y parviendrais-je ?
Je n’ai plus la force, ces derniers jours.
Et je vois alors la simplicité et le salut de la Renonciation.

samedi 6 novembre 2010

J'ai oublié mon nom



J’ai ouvert les yeux sur des sols sans forêts
J’ai entendu les cris de la biche qu’on massacre
L’éclat de rire du veau mort-né
Et la mer vomir pour nourrir ses poissons affamés

De colère, j’ai oublié mon nom
Les étoiles se sont noyées
Paris est un désert que les rats ont rongé

Je me souviens l’albatros, sans encore d’arbalète, et les feuilles,
Du temps où l’automne signifiait encore quelque chose
Je me souviens d’la fleur que l’on arrose et qui poussait
Hier
De la pelouse rose qui servait de lit
Aux vieux qui crèvent
Parce qu’en ce siècle ils ont faim

Siècle de misère,
De colère, j’ai oublié mes prières
Je me fous du chagrin,
Je n’peux plus que pleurer
Oublier qu’sourire ne m’a pas été donné
Siècle de misère
J’ai des yeux ouverts en grand sur un monde en papier
Que nos mains déchirent, par plaisir,
Et que brûle notre inculture
Ne l’entends-tu pas gémir ?

Aucune satiété
De la fierté la plus virile
A écraser de son pas lourd
La coquille d’un ermite
Vois-tu le monde, son infortune ?
Regarde-le, froissé,
Gerbant
Des toits de briques rouges pour abriter
Toute sa saleté

J’aimerais dormir, dans son poing, enfermée
Et y mourir, asphyxiée,
De bonheur
Si cela se pouvait encore
Je ne sais plus mon nom
Lui-même m’a oublié
Il oubliera ma chanson
Mes paroles

De colère, siècle de prières
J’implore ton éclosion
Pour un pardon, un jet de pierres
Un cri de guerre à l‘unisson
Dis-moi qu’tu m’aimes
Si cela se pouvait encore, je t’entendrais

Siècle de peine, tu m’as tué
Tout ça parce qu’un Dieu bagatelle
Qu’on a crée
Nous a offert
A la naissance
Un gentil paquet de merde à traîner

Et c’était qui, dis-moi,
Ces chiens bâtards qui hurlaient
A la mort
Que la vie c’était de l’art ?
Que le sourire c’était inné ?
Regarde-moi, frère, tous ces cadavres
Je ne sais plus où mettre les pieds

Il n’y a plus qu’la vodka
Pour me faire apprécier
La vie et mon chat
Qui miaule
Et pis y’avait toi, mais t’es parti,
Avant que j’finisse de t’adorer
Mon tout petit

C’était au temps des princes charmants
Qui volaient les princesses sur des ch’vaux blancs
Et ou l’extase des amants
S’passaient de dépendance pornographique

Vois-tu bien ?
La neige est noire sur les pavés
Y’a plus d’animal à caresser
Même les colombes sont crevées,
Un plomb dans l’aile
Y’a d’la poussière qui r’couvre mes yeux
Je ne te vois plus
C’est pourtant pas l’froid qui manque
C’est ma mémoire

J’ai oublié mon nom
Je le lisais dans le ciel
Mais même lui s’est fané
Mort de tristesse
Quand les étoiles se sont noyées.

Je vis sur ma planète.

jeudi 28 octobre 2010

Dialogue avec un vieil homme inconnu



"- Se peut-il qu'une jeune femme aussi belle puisse être aussi triste ?
- Apparemment.
- C'est un chagrin d'amour ?
- Quoi d'autre, sinon ?
- Allez va, ça passe toujours, les chagrins d'amour !
- Les chagrins peut-être. L'amour non. "

mercredi 27 octobre 2010

Je t'en prie

Cette nuit j'ai perdu mon coeur
Inutile alors de me demander d'encore parler
Je n'existe plus,
Mon amour m'a quitté.

 Je t'en prie, pardonne-moi, reviens-moi, je t'implore, 
Je ne peux pas sans toi
Je t'en prie, reviens-moi.
Reviens-nous.

jeudi 21 octobre 2010

Rien qu'à Toi.


J'aurais aimé que mon coeur soit une boite
Pour pouvoir te le tendre
Ouvert
Afin que tu saches sans plus de doutes
La justesse de tout ce que pour toi il éprouve.

mercredi 20 octobre 2010

Si demain


Si demain n'advenait pas
Et que ma peau te manque,
Découpe cette encre sur ma nuque
Et noie-la dans le creux de ta main.

mardi 19 octobre 2010

Du Pouvoir de faire naître une cédille


En ce jour,
Je ferai vœu de silence, m'enfermerai dans le taire,
Pour ne pas regretter d'avoir dit merde à ce monde.
Parce que susciter
N'est plus 
Pour moi
Une affaire de possible
Et que l'inconnu au dehors
Est toujours
Où moi,
Pauvre folle,
Je ne suis plus.
Tout autour déclenche
Tandis que j'indiffère
Ma parole baise vos corps
Et s'agenouille sur vos scrupules.

lundi 18 octobre 2010

J'aurais aimé


J’aurais aimé que l’on s’interroge
Sur mes termes.
J’aurais aimé animer la curiosité
Qui ouvre le cœur sur d’autres fenêtres.
J’aurais aimé encore attiser l’intérêt
D’une main qui se perd.

J’aurais aimé être une source
De sollicitations.
J’aurais aimé faire passer le temps
A l’œil qui s’ennuie.

J’aurais aimé que naissent de mes mots
Des définitions à saisir.
J’aurais aimé mourir l’habitude
Qui couvre la toile d’un voile terne.
J’aurais aimé être l’extérieur
D’une perle nacrée.

J’aurais aimé posséder le néant
Pour avoir le pouvoir de l’anéantir
Et glisser sous des draps une peau de sang
Et un sourire niais.

Qu’aurais-je aimé encore ?
Que puis-je aimé de plus ?

J’aurais aimé être l’intrigue
D’un roman qui ne serait pas lu.
J’aurais aimé être les paroles d’une chanson
Qui ne se seraient laissées retenir.
J’aurais aimé rester cette héroïne qui éprouvait encore
Qui savait faire éprouver
Et se questionner
Les personnages.

J’aurais aimé être une notion insaisissable,
Une image,
Une querelle,
Une chose qui n’indiffère pas même lorsqu’elle se tait.

J’aurais aimé être une de celles dont les mots interpellent
Une de ces belles lettres sans teint qui s’oublie.

Réflexion


Ça doit faire du bruit, un cochon qui pleure.

samedi 16 octobre 2010

Le défilé des minuscules


Qu’aurais-je encore à dire ?
Dehors le monde des minuscules grouille, la synchronicité de leurs pas rappelle les coups portés au tambour.
Les voix s’élèvent et le sol semble crier lui aussi.
Le froid rend abrupte les rebords des fenêtres.
C’est l’espoir qui s’illusionne en un autre millénaire.
Un autre ciel, des phalanges enragées et des gorges dénouées.
Il n’est plus de cendres, plus de danses auxquelles se mêler, c’est le rêve qui gueule et la mort qui recule.
Les armes à terre, la fleur à l’épaule, le temps s’allonge, le souffle se meurt et le roi rit.
Alors que je regarde défiler les minuscules avec un sentiment de vanité.
C’est la rue qui hurle, les sirènes des pantins et les ballons s’envolent pour une atmosphère respirable. 
Un ongle dans une faille, des apparences, des révoltes sans sens et encore de ces apparences et d’autres clichés à emprisonner.
Des corps à faire s’effondrer, une seule brique à retirer de l’édifice pour qu’il tombe.
Il ne restera de l’Homme que les ruines d’une érection.

vendredi 15 octobre 2010

Une histoire en images



                                                  








 







Mourir pour être belle ou être belle pour mourir ?

lundi 11 octobre 2010

Fais-moi une place

Où est ma place ? Où dois-je aller ?
Si tu me reproches d'être là où je suis.
Parce qu'alors je t'empêche d'être, d'y être.
Je ne suis qu'une obstruction.
J'en ai marre d'être.
J'en ai marre.
D'être à ma place nulle part.

La luisance des cailloux


Le cœur ouvert
A vif
Vidé
Comme un saut plein de sable
Que l’on renverse sur des pavés
Pour leur donner l’odeur d’une plage
Et un goût d’éternité.

mardi 28 septembre 2010

Memento Mori

Vois comme toute chose suit son cours,
Écoute le bruit de l’eau sur la vitre,
Regarde l’enfant qui trébuche,
Emplis-toi de ses cris
Et attends que vienne ton tour,
Assis sur l’herbe verte au pied d’un arbre sans branche
Indolore.
C’est d’abord son visage qui te quitte et le temps le fait souvenir.
Ce n’est plus qu’un trait grossier comme on raconte une trame
Et les détails se perdent à mesure que j’oublie.

mardi 21 septembre 2010

Un mardi matin

Sa beauté n’avait d’égale que sa tristesse, qu’elle répandait en larmes comme l’enfant sème derrière lui des cailloux pour ne pas se perdre. Et elle s’avançait, lasse, dans cette foule anonyme, élégante sans sourire. Son cœur n’était plus qu’animal et elle respirait encore par simple peur d’enfin mourir. Elle avançait, belle, dans cette vie qui la faisait souffrir, qui avait glacé sa chair d’illusions. Un pied devant l’autre, le regard par terre, ses longs cils maquillés de noir donnaient de l’ampleur à sa peine. Il dégageait d’elle comme un respect anobli de la femme qui se laisse abattre en suppliant son bourreau d’une éteinte voix. Sa marche n’était qu’une lente traînée d’indifférences. Elle ne voyait que des ombres, des ombres avec des dents, des semblants de peau qui déambulaient, un assemblage de couleurs qui n’existait que dans sa tête.
Elle aurait aimé avoir un chien, un petit chien, tellement plus grand qu’elle, un fort petit chien pour la protéger dans sa solitude. Elle n’aurait plus rien de tout cela. Alors elle se l’imaginait, un joli collier autour du cou, une courte laisse pour ne pas qu’il s’éloigne trop et elle s’arrêtait au pied des arbres pour laisser son petit renifler la vie d’autres.

lundi 13 septembre 2010

Je m'imaginais

Je m’imaginais que dehors c’était l’hiver.
Des arbres sans feuilles et un tapis de neige blanche.
Des hommes et des femmes qui n’osent presser le pas par peur de glisser sur les trottoirs recouverts de gel.
J’imaginais que dehors c’était l’hiver et l’idée alors du froid m’excusait de ne pas vouloir encore me lever. Et j’ai entendu la pluie qui tapait sur les carreaux. La neige ne fait pas de bruit quand elle tombe.
J’ai arrêté d’imaginer. Il ne fait pas encore jour, je n’ai dormi que trois heures et le café coule comme l’eau dans les gouttières.
J’ai une envie d’ivresse, de fuite, j’ai envie d’être assise sur une terre dure et regarder le soleil qui se lève.
J’ai envie d’effacer de ma mémoire ces côtes tâchées de rouge et les cris des dauphins.
Je vais m’enivrer de café, tenir debout, en avoir mal au ventre et pleurer. Pleurer pour occuper le temps que je ne passe pas à lire et à écrire. Pleurer sur mon désœuvrement face à l’inconnu. Pleurer de fatigue et pour donner à mes yeux une raison de souffrir.
Et dehors encore, c’est le silence des murs de neige qui couvrent le tumulte des matins encombrants.
Il y a une route sans neige qui mène vers nulle part.
Me faire alors un manteau de la fourrure de mon chat et l’entendre miauler encore.
Construire une maison en carton que la poussière rongera et penser à ces heures d’une journée qui s’ajoutent à combler tant bien que mal. Garder le sourire et l’air agréable.
Je vis dans une prison d’amour. Les barreaux sont les vaisseaux de mon cœur.
Ce soir je m’endormirai seule et je n’entendrai pas les oiseaux chanter. J’entendrai la pluie sur les fenêtres et mon rêve d’hiver crier.
J’aimerais la joie qu’apportent les alcools et le relativisme écœurant.
Rester la tête sous l’eau dans une baignoire bouillante et entendre le sifflement de la mer. J’aimerais être un dauphin et décider de ma prochaine inspiration.
Je me sens renaissante d’un combat sans armes, un combat glorieux de boue et d’asphalte. Et en dehors de çà, un air de musique à l’instrument désaccordé.   Aimer jouir du bonheur égaré, se plaire à imaginer une anguille se faire bouffer par la transparence d’une méduse.
Avoir la chair de poule à la seule pensée des flocons et se blottir sous les couettes et finir par avoir trop chaud. Se dessiner la sueur comme de la neige fondue, chauffée par les gaz d’échappement d’un camion de livraison frigorifique. Imaginer les trottoirs comme des étales de poissons, un marché géant, slalomer entre les truites et les dorades, en évitant de croiser le regard des langoustes encore vivantes, se débattant par terre, soufflant sur leurs pates pour réchauffer leurs pinces invisibles et paraître nager dans un océan d’ordures.
J’ai envie de gueuler quand je vois ces Hommes qui rient dans tout ce noir.

Dehors il n’y a pas de neige, il ne fait même pas froid, il n’y a aucune langouste sur les trottoirs et les dauphins meurent encore.
Moi je reste dans ma maison en carton, sans porte, sans murs pour combler l’absence de fenêtre, un toit robuste qui s’envole au premier coup de vent.
En cet instant j’aimerais être morte, enfin, ne plus être, ou être autre part quelqu’un d’autre d’encore mouvant.
Une greffe rejetée par l’organisme.
J’ai des sanglots dans la gorge et le regard dans le vide. J’attends et mes mains se rident.
La vie déferle et m’oublie. Ou bien est-ce moi.
Dans l’à-peu-près du malheur je me brûle le palais.
Mon soleil c’est l’ampoule de la cuisine. Je n’ai qu’à opprimer l’interrupteur pour le voir se lever puis l’opprimer à nouveau, donner un sens à son existence, pour le voir se coucher. Il me semble que pour les autres tout va et moi l’ennui me ronge et je retiens encore mes larmes. Si je veux voir le soleil se coucher sur la mer je remplie l’évier d’eau et on s’y croirait, sauf que dans mon rêve c’est l’hiver, alors je fabule la brume avec de la mousse de produit vaisselle que je maltraite.

La nuit ne viendra-t-elle donc jamais ?
Vieil Estragon qui se morfond. Au moins il attend la nuit, il attend quelque chose, un sourire de la lune, une toux d’étoiles enrhumées, un semblant de vie dans ce drap bleu qu’est le ciel. Une apparente tenture de soie à l’allure de coton, quand on souffle dessus elle s’éparpille, s’écarquille comme des yeux qui veulent mieux voir. Il n’y a rien à regarder.
Il n’y a qu’à sentir la chaleur t’envahir et sentir les couleurs qui s’estompent.

Ma chouette en peluche n’a jamais su voler. Je l’ai jeté plusieurs fois en l’air mais à chaque fois elle retombe, comme amoureuse du sol. Il y a un tapir sur la poutre et des poissons rouges dans la cafetière.
J’aimerais monter à cheval et me sentir être le prolongement d’un animal. Etre une callopsitte que l’on n’aura pas élevé à la main ou un canari qui ne chante pas, une femelle inséparable séparée, un lapin mangé par une taupe sous les yeux amusés d’un castor moqueur. Et entendre bêler un mouton.
Laisser des empreintes d’homme-singe et faire croire au yéti.
Adhérer au comité international de défense des nains de jardins et bailler comme une huître.

Le chant du coq au crépuscule.
L’été passe, indolore. Aucune déchirure sur mes vêtements.
A quoi bon ? Simuler l’insouciance.
Se dire que dehors il y a un parc avec de la pelouse et un lac, des arbres avec des feuilles et des écureuils en mal de noisettes. Un recueil de tromperie dans un élan de servitude.
C’est la pauvreté de la névrose. Un antipode du pareil.
Une carapace en papier sur une tortue sans orifice.
J’aimerais un hiver à chaque saison et des bottes qui montent jusqu’à mes seins. Une trilogie sans fin qui tourne et revient comme les hélices d’un ventilateur. Brasser le même air, s’asphyxier de douleur. Bleuter sa peau trop pâle et rougir ses lèvres sans saveur. Marcher sur des œufs et s’enfoncer les coquilles dans les plantes.
Placarder des baisers sur les arbres à abattre. Tronçonner ma lenteur.
N’être rien en tout instant qu’une insuffisance qui mord. Rebelote.
Trouver du réconfort dans une fourrure qui respire, se cacher des terreurs sous un manteau qui perd ses poils. S’acharner à être et à rester.
Il n’y a plus de jours ni plus de nuits. Le temps est une monotone logorrhée que ruine la maladresse.
Se retourner un ongle pour voir le mal que ça fait. Avoir mal au ventre et s’adorer squelette. Des idées.
Une paresse torpeur de l’apparence qui exagère son effroi.
Encore une voix d’enfant que je croyais mort.

Il y a un singe qui saute de cordes en cordes sur le manche marron de la guitare. J’entends un essoufflement.
Cogner ma tête contre un mur en visualisant des mains m’y forçant. C’est un peu çà.
Une salle de théâtre et un rideau  qui ne se baisse pas, condamnant les comédiens à rejouer leur pièce comme le font les aiguilles d’une montre. Les gyrophares chantent.
Du sucre glace et de la nourriture mexicaine. Une balle dans le dos de la cafetière, à gauche, et des traces de doigts.
Les pleurs des baleines remplissent la mer de sel.
Me mordre la lèvre pour avoir le goût du sang dans la bouche, un peu de vie sur ma langue.
Un papillon dans une bouteille. Un verre de vin chaud, un marché de Noël, une absence, des châtaignes grillées, des doigts inertes et un triste sort.
Un magicien nu sur une licorne orange, je me sens une sirène sous la douche.
Un grand trou vide et même pas noir, ni très profond, juste un trou qui existe quelque part pour quelqu’un.
Des olives noires et du fromage à raclette sur des pommes de terre fumantes.
Se gaver d’eau et devenir une fontaine, un vers luisant pour une nature ignorée. Et la rengaine…
Monter et descendre les escaliers et ne plus avoir de souffle.

La lumière de l’ampoule-soleil sur le bois c’est la lumière des enfers.
Peindre les murs en rouge, les plafonds en bleu et des mouettes au dessus de l’évier. Coller des crabes par terre et puis des coquillages qui piquent les pieds. Le matelas deviendrait une serviette posée sur le sable. Un sable chaud pour ne pas avoir froid à trop adorer l’hiver. La trilogie encore.
Et ne plus rien avoir à dire qu’un manteau qui sommeille.
Quand je regarde par le hublot de la porte je me crois dans un sous-marin.

jeudi 2 septembre 2010

La fenêtre

C'est rêver d'une pluie d'enfants, 
Ouvrir la fenêtre et sentir 
Chaque nouveau jour 
L'odeur des corps d'une autre époque.

lundi 23 août 2010

Il n'est nul endroit

C’est être au bout du monde que d’être en soi-même.
Je vois des gens danser sur les toits, d’autres s’assoupir au bas des marches.
Il n’est nul endroit où l’émerveillement ne dure.
Il vient et passe comme le fait le vent frais qui plonge l’herbe verte dans le marbre.
Le bout du monde est brillant, doré, sale et fait de ponts anciens qui laissent filer la Seine et tiédir le café du matin.
J’ai connu ce bout de monde, cette beauté émerveille qui laisse en mémoire des souvenirs charnels avec de la pierre et des regrets de départ.
Ce sont des statues qui pleurent, d’autres qui sourient mais qui toujours restent, étendues près du regard solitaire.
Ici un autre monde où des murs invisibles entourent les os et délimitent le ciel. Pas de ponts, pas de Seine, pas de transis, rien que du béton et des rails, et peu de gens.
Si c’est le bout du monde c’en est l’extrémité la plus laide, celle qui ne peut être que le point de départ à l’arrivée idéale. Idéalisée peut-être.
Le temps est à l’orage, les oiseaux chantent la pluie et je me sens faillir.
Qu’y-a-t-il à aimer ici ?
A adorer ici, autre que l‘être qui nous anime ?
Autre que la foule accablante de lâcheté ?
Autre que cet air qui étouffe et ce bruit des trains qui partent là où j’aimerais aller ?

lundi 12 juillet 2010

Ma Pénitence

A quoi ça sert, la vie,
Le temps qui passe
Ma tête tourne
Mes yeux se lassent

L’enfant qui rit, mes larmes,
Y’a rien de pire qu’une main qui reste
Tendue à celle
Qui se cache

Derrière ma vie,
Il y’a la sienne
Ses peurs au ventre
Ma gorge qui crève
A lui gueuler mon cœur
Qui saigne

Sous mes paupières
Les arbres chialent, au vent,
Leur gerbe
De dédale
Y’a rien de pire qu’un cri d’une mer
Vidée d’ses fleurs et ses pétales

C’est foutu
Ma tête est pleine
De ce souci qu’on nomme Amour
Y’a plus en moi
Que moindres peines
Mes lèvres gouttent
Leurs derniers jours

Aux détours d’une voyelle
J’ai croisé cette sale absence
Ce châtiment, cette baliverne
Qui me dit d’hisser les voiles
Sur ce bateau
Qui coule
Ma pénitence

Sans rédemption,
Mes mains sont sales
De ce démon, qui tire les cartes
Mes lignes s’effacent
Demain est mort
Mon sang se glace
Je tire au sort

Parce qu’y’a rien d’pire
Qu’une vie sans toi
Toi que  j’ignore
Toi qui m’absentes
Dis-moi qu’j’ai tort
Muse abondante
Qui joue d’ses doigts
Sur ma carcasse
Filante.