L’évidence est là. Manifeste, dérangeante, décourageante… si prévisible,
pourtant. Je me suis trompé de voie, je ne sais alors comment tout
arrêter, oser, réagir, récupérer, sauver ce qui de moi peut l’être
encore… Des rêves plein la tête, une vie qui ne les permet pas,
s’acharner alors, alors que l’écriture est freinée par les belles
règles. Même cette échappatoire là m’est rendu immonde. Et pourtant on
continue, comme par défaut, quoi faire autrement ? Autrement que
s’illusionner en de longues heures de révisions qui ne sont pas
récompensées, on se doit d’exceller, ainsi le veut l’élite, qu’importe
notre don dans l’une ou l’autre des matières, multifonctionnels, voilà
ce que l’on exige de nous dès lors que l’on se fourgue dans un tel
système. Tout laisser, recommencer, ailleurs, tout, quoi ? Comment ? Se
fabriquer une vie un temps soit peu vivable, j’ai comme cette envie de
gueuler au monde comme je lui en veut, j’ai comme envie parfois de me
séparer de tout ce qui est échec, de tout ce qui me retient et tout
recommencer, en prostituant ce qui peut l’être, en déposant de ces
lambeaux de merde que cette fausse prude de société inculque aux
nouveaux nés. Envie d’emmerder jusqu’au virtuel imaginaire qui dessine
en ma tête un animal de joie, qui jappe sa solitude au nez des
adoptants, j’en ai juste ras-le-bol de ne plus pouvoir rêver, de m’en
sentir coupable, parce qu’en ces jours où le destin de chacun est tracé
dans sa poubelle de naissance je ne vois aucun droit au plaisir, aucun
droit au désir, aucun temps fait pour çà ni aucune loi les défendant.
Impuissance, seul sentiment acceptable, vingt et une années et déjà ce
sentiment d’irrémédiable.
C’est horrible, quand j’y pense, toutes ces heures perdues, tous ces coups de gueule en l’air, histoire de purger un peu les neurones. Dites-moi comment écrire je vous dirais comment je vous emmerde. Et comment j’emmerde les compliments, et les sourires feints, et ces cafés en feignant se distraire. C’est la boucherie dehors, et en dedans plus rien à abattre, tout déjà mort, grouillant, je n’ai même plus l’envie de lire, croire embellir les lettres me donne envie de me bourrer la gueule et gerber sur les feuilles fraîchement imprimées de ces mots merdiques, inculqués, j’arrête, je crache, Anna vieux souvenir, merde, les vrais échecs sont rares, j’ai toujours tout gagné à perdre, mon souffle d’abord, mon poids, ma virginité, mon courage maintenant. Je vole. Peut-être devrai-je m’amuser à faire croire aux merdes qu’ils sont le diamant noir. Paroles tant manipulables, les gens sont des pantins, des pointus qui écorchent, des liquides et des merdes, et je hais ce monde, je hais ces gens, je hais cette lâcheté qui m’habite, de ne dire ma rancœur à la gueule des noyés, tous des oiseaux sur l’eau, semblant nager tranquillement, sur des flots paisibles, mais dessous, les pates s’agitent et essoufflent le cœur pour que la tête reste en dehors de cette putain de boue.
Et puis merde.
C’est horrible, quand j’y pense, toutes ces heures perdues, tous ces coups de gueule en l’air, histoire de purger un peu les neurones. Dites-moi comment écrire je vous dirais comment je vous emmerde. Et comment j’emmerde les compliments, et les sourires feints, et ces cafés en feignant se distraire. C’est la boucherie dehors, et en dedans plus rien à abattre, tout déjà mort, grouillant, je n’ai même plus l’envie de lire, croire embellir les lettres me donne envie de me bourrer la gueule et gerber sur les feuilles fraîchement imprimées de ces mots merdiques, inculqués, j’arrête, je crache, Anna vieux souvenir, merde, les vrais échecs sont rares, j’ai toujours tout gagné à perdre, mon souffle d’abord, mon poids, ma virginité, mon courage maintenant. Je vole. Peut-être devrai-je m’amuser à faire croire aux merdes qu’ils sont le diamant noir. Paroles tant manipulables, les gens sont des pantins, des pointus qui écorchent, des liquides et des merdes, et je hais ce monde, je hais ces gens, je hais cette lâcheté qui m’habite, de ne dire ma rancœur à la gueule des noyés, tous des oiseaux sur l’eau, semblant nager tranquillement, sur des flots paisibles, mais dessous, les pates s’agitent et essoufflent le cœur pour que la tête reste en dehors de cette putain de boue.
Et puis merde.
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