dimanche 14 juin 2009

A n'être qu'un arbre mort...


Passer le corps par la fenêtre pour regarder l'arbre mort.
La pluie me donne une impression d'existence. Je vois tourner les nuages, virevolter les feuilles. Elles pleurent.
Malmenées par tant d'ignorance.
L'homme marche et de son pas la brise, murmure alors le son des clameurs maternelles de la terre, qui récupère la vie qu'elle a un jour donné, par mégarde, méprise ou bêtise.

Une écorce, une peau, un coeur dit-on, peut-il pleurer encore quand rien ne semble plus pouvoir le toucher ?
Et mon corps, pleure-t-il comme ces feuilles de ne pas pouvoir satisfaire le seul objet qu'hier encore il désirait satisfaire ?
Des mots légers, comme je veux mon corps à présent, puisque sa main sera loin sur son propre corps, se donnant sans honte ni peine son plaisir, assouvi à chaque fois, si facilement, mécaniquement devant un film pornographique, de banales images plongeant l'homme dans la limite de la sadicité perverse, mon corps nu à ses côtés, ne suscitant en lui plus aucune envie assez forte pour être menée à terme... Etre là et observer sans broncher, sous prétexte que l'on se doit d'assumer nos dits défauts et qualités. Se baser alors sur ces mêmes images et projeter sa dite adorée sur un écran, et attendre, espérer bien malgré soi souvent que l'idée brillante d'imiter vienne à son esprit d'éternelle insoumise, et pourtant...

Pourtant je me souviens lui avoir donné ma virginité, il est le seul à qui j'ai dit je t'aime, il n'en est pas moins le seul à m'avoir fortement désillusionné. Je n'ai jamais joué avec des poupées pourtant, bien trop superficiel, artificiel, mais n'oublions pas - entendez-là mon ironie - qu'aujourd'hui est un nouveau jour, encore un qui vient s'ajouter à la liste des ans.
Peut-être n'ai-je pas assez de rides ? Pas assez de souillures ? Pas assez d'audace ? De mesquinerie détournée en essais de rédemption ? Peut-être, et alors ?
Le problème est peut-être dans le manque cruel d'arguments, qui vient mettre à bas chacune de mes réflexions orales, et l'on me " critique " presque de ne pas parler assez... Et quand mon courage se fait présent, j'ose prononcer quelques mots qui s'égarent, mal enchaînés, et là la magie se brise.

Soit belle et tais-toi.
Ou agis et ferme-là, ou ouvre-là plutôt...

Qu'on m'explique... pourquoi ces paroles devraient aujourd'hui suffire à me faire aimer ma silhouette, quand toute son enveloppe me dit ouvertement le contraire...

J'assume et je m'aimerai selon moi-même.
Dans le leurre conscient dans lequel je sais que je m'expose.

 
... on perd l'envie d'exister.

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