Et
nous revoilà partis pour conquérir le monde, pour se persuader que l’on
verra enfin la vie avec d’autres yeux, plus émerveillés à la beauté qui
règne encore, rarement, par endroits. Plonger dans l’eau gelée en se
demandant pourquoi la température de ce corps est si chaude. Regarder la
foule et se dire faire partie de çà. Une masse impromptue, difforme et
mouvante. Aucun cauchemar ne se fait si l’on ne s’endort pas. D’autres
passent encore, sourire aux lèvres, croyant changer ce qu’il reste, le
sauver même, ils pensent à demain, oubliant de vivre le jour. Ils
pleurent bêtement, incapables de mettre un terme à leur calvaire,
devenir une seule et unique fois leur propre dieu, emmerder la terre
entière, ne pas vouloir devenir vieux. Et donc ils passent, sans penser,
ruminant, chassant de leur tête les idées noires qui se prélassent, ils
ne voient pas que le noir c’est eux-mêmes, eux-mêmes se polluant comme
deux. Les arbres remuent leurs branchent, les oiseaux nettoient leurs
ailes, de cet air impur que l’on offre aux enfants. L’amour n’est pas
perpétuel et d’autres en rient à pleines dents. Il fait froid dehors,
les écharpes se plaignent, les sans-abris se couvrent d’un tee-shirt
sans couleur, se confortant en peine, ils envient ces écharpent, qui
crachent sur eux, flottant au vent, couvrant les nez qui se mouillent,
se rougissent, et osent encore punir le froid, embobinés qu’ils sont.
Des pieds nus frôlent la neige, qui ne tient pas au sol, ils marchent
sur un rêve, saoulés pour contenir leur haine, ne pas faire sauter ce
monde, une grenade à la main, à laquelle un doigt manque. Je ne parle
pas de pessimisme. Le chat a miaulé, il ne sait pas que je le laisserai
bientôt. Les fenêtres sont fermées et les pigeons copulent. C’est les
nouveau-nés que l’on gâte, et après on leur apprend à marcher, et ils
tombent, se relèvent, c’est tout là leur pêché. Les poils et les plument
volent, c’est l’heure de s’habiller, prendre un bol, le remplir, le
déverser, on le boit, le digère, le rejette comme les paroles. Les
images manquent à l’appel, les mots se renfrognent. Ils disent leur mal
être au travers des sauts de lignes. Le ciel est vert, la boule
scintille. Aimer parce qu’il nous reste que çà à faire, pour encore
vouloir tenir, vider cette tête de ses angines, les nuages pullulent
loin de leur ciel, vert, orange, rouge, et d’autres qui ne se discernent
pas, se protègent de nos yeux trompeurs, moqueurs, animaux, qui brisent
dès qu’ils touchent et disent après que la vie est fardeau. Ma vérité
est que nous sommes le sien, un fardeau qu’elle maintient, contient tant
bien que mal, des leçons à apprendre, un réveil qui sonne, une mauvaise
conscience qui ronge, une paye qui tombe, elle aussi. Mais le bleu me
plaît, le rose aussi. La brume et les oiseaux, le chat qui joue avec son
bouchon de liège accroché à une corde à cochon, les plantes inertes qui
éclosent le lendemain, les gens parfois, l’alcool, la désinvolture,
l’oubli, le je-m’en-foutisme, l’absolu, le rêve, l’imaginaire, les
histoires d’elfes, les marrons, les fruits de mer, Paris, l’eau, les
montagnes et je compte bien voir la mer.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire