samedi 2 janvier 2010

Régénérescence


Et nous revoilà partis pour conquérir le monde, pour se persuader que l’on verra enfin la vie avec d’autres yeux, plus émerveillés à la beauté qui règne encore, rarement, par endroits. Plonger dans l’eau gelée en se demandant pourquoi la température de ce corps est si chaude. Regarder la foule et se dire faire partie de çà. Une masse impromptue, difforme et mouvante. Aucun cauchemar ne se fait si l’on ne s’endort pas. D’autres passent encore, sourire aux lèvres, croyant changer ce qu’il reste, le sauver même, ils pensent à demain, oubliant de vivre le jour. Ils pleurent bêtement, incapables de mettre un terme à leur calvaire, devenir une seule et unique fois leur propre dieu, emmerder la terre entière, ne pas vouloir devenir vieux. Et donc ils passent, sans penser, ruminant, chassant de leur tête les idées noires qui se prélassent, ils ne voient pas que le noir c’est eux-mêmes, eux-mêmes se polluant comme deux.  Les arbres remuent leurs branchent, les oiseaux nettoient leurs ailes, de cet air impur que l’on offre aux enfants. L’amour n’est pas perpétuel et d’autres en rient à pleines dents. Il fait froid dehors, les écharpes se plaignent, les sans-abris se couvrent d’un tee-shirt sans couleur, se confortant en peine, ils envient ces écharpent, qui crachent sur eux, flottant au vent, couvrant les nez qui se mouillent, se rougissent, et osent encore punir le froid, embobinés qu’ils sont. Des pieds nus frôlent la neige, qui ne tient pas au sol, ils marchent sur un rêve, saoulés pour contenir leur haine, ne pas faire sauter ce monde, une grenade à la main, à laquelle un doigt manque. Je ne parle pas de pessimisme.  Le chat a miaulé, il ne sait pas que je le laisserai bientôt. Les fenêtres sont fermées et les pigeons copulent. C’est les nouveau-nés que l’on gâte, et après on leur apprend à marcher, et ils tombent, se relèvent, c’est tout là leur pêché. Les poils et les plument volent, c’est l’heure de s’habiller, prendre un bol, le remplir, le déverser, on le boit, le digère, le rejette comme les paroles. Les images manquent à l’appel, les mots se renfrognent. Ils disent leur mal être au travers des sauts de lignes. Le ciel est vert, la boule scintille. Aimer parce qu’il nous reste que çà à faire, pour encore vouloir tenir, vider cette tête de ses angines, les nuages pullulent loin de leur ciel, vert, orange, rouge, et d’autres qui ne se discernent pas, se protègent de nos yeux trompeurs, moqueurs, animaux, qui brisent dès qu’ils touchent et disent après que la vie est fardeau. Ma vérité est que nous sommes le sien, un fardeau qu’elle maintient, contient tant bien que mal, des leçons à apprendre, un réveil qui sonne, une mauvaise conscience qui ronge, une paye qui tombe, elle aussi. Mais le bleu me plaît, le rose aussi. La brume et les oiseaux, le chat qui joue avec son bouchon de liège accroché à une corde à cochon, les plantes inertes qui éclosent le lendemain, les gens parfois, l’alcool, la désinvolture, l’oubli, le je-m’en-foutisme, l’absolu, le rêve, l’imaginaire, les histoires d’elfes, les marrons, les fruits de mer, Paris, l’eau, les montagnes et je compte bien voir la mer.

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